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Interpellation – « Transport par rail de produits dangereux: agir et réagir! »

Patricia Zurcher, 30 avril 2015

Jeudi passé, par un pur concours de circonstances, l’Office fédéral des transports (OFT) a publié deux rapports sur les risques du transports de produits dangereux pour la population et l’environnement. L’OFT y souligne, entre autres, qu’il n’existe en Suisse aucun secteur où les risques pour la population seraient « non tolérables ». Merci pour cette bonne nouvelle, nous voilà soulagés et rassurés!

On apprend toutefois dans ces mêmes rapports que sur 128 kilomètres des 3263 que compte le réseau ferroviaire à voie normale, on identifie des « risques de niveau intermédiaire », et qu’en raison des convois de chlore qui les traversent régulièrement, « les secteurs de Renens et de l’ouest de la gare de Lausanne se trouvent dans la moitié supérieur de la zone intermédiaire sur l’échelle des risques. »

Nous voilà déjà nettement moins rassurés, car le cas de Lausanne, où s’était produit un grave accident le 29 juin 1994, avec écoulement de 400 litres d’épichlorhydrine, est encore bien présents dans nos esprits…

Et puis, ironie du sort, voilà que dans la nuit du 25 avril dernier, un trai de marchandises déraille à Daillens et que des substances chimiques fuitent des wagons-citernes accidentés. Acide chlorhydrique, acide sulfurique, soude caustique… Décidément, quels nectars délicats transitent sous nos fenêtres la nuit, tandis que nous dormons du sommeil du Juste! Ce convoi ne transportait pas de chlore et qu’il n’y a pas eu d’émanations de gaz toxiques. Encore heureux! Mais franchement pas rassurant du tout…

Enfin, cerise sur le gâteau, on découvre dans la presse que depuis quelques années, l’industrie chimique (Syngenta à Monthey et Lonza à Viège) ne produit plus de chlore in situ, mais préfère le faire venir de Lyon par le rail pour des raisons économiques. Et là, la crainte du pire et le soulagement d’y avoir échappé cèdent le pas à l’indignation!

Une fois encore, c’est donc pour des questions de gros sous qu’on accepte de mettre en danger la sécurité et la santé de la population, tout en la rassurant sur le fait que « le risque d’accident est quasi nul ». Rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous, mais faut-il pour autant que Renens l’accepte sans broncher?

Mais dans le but de pouvoir répondre à cette interrogation que je souhaiterais poser à la Municipalité les questions suivantes:

  • La Municipalité a-t-elle déjà adressé récemment ou par le passé une lettre à la Conférence des transports de Suisse occidentale pour lui dire sa préoccupation au sujet des transports par rail de matières dangereuses qui transitent par la gare de Renens?
    Et si non, compte-t-elle le faire prochainement, en tant qu’exécutif d’une ville particulièrement concernée, et pour venir en appui des autorités vaudoises et genevoises sur ce sujet?
  • La Municipalité pourrait-elle envisager de demander à la Confédération d’examiner sans trop attendre des alternatives au transport de chlore par rail, dont, par exemple, la production de cette substance directement dans les usines valaisannes, dans la mesure où celle-ci pourrait se faire sans nuire à l’environnement et aux habitants locaux?

Et comme le risque d’accident n’est visiblement pas si « quasi-nul » qu’on a voulu nous le faire croire, ces trois questions très concrètes encore:

  • Un plan d’évacuation d’urgence existe-t-il déjà pour parer au pire en cas d’accident similaire à Renens?
  • La population est-elle informée sur l’existence d’un tel plan et sur l’attitude à suivre en cas d’alerte (emplacement des abris à rejoindre pour chaque quartier, lieu de distribution de masques à gaz, etc)?
  • En cas d’accident, comment la population sera-t-elle informée?
  • Les pompiers des services de défense incendie et secours de la région sont-ils préparés à ce genre d’interventions?